Aux affamés de l’Eucharistie
Ce temps que nous vivons est une épreuve pour bien des gens. Des grands-parents, par exemple, sont privés de leurs petits-enfants. Mais étrangement, cette privation les attache davantage à leurs amours.
Nous, les affamés de l’Eucharistie, privés de l’Humble Présence, ne risque-t-on pas de voir notre désir grandir jusqu’à s’exaspérer.
Quelle faim éprouvez-vous de l’Eucharistie en ce moment où vous en êtes privés?
La bien-aimée du Cantique a vu son désir grandir au départ du Bien Aimé,
et follement s’est mise à sa recherche.
« Sans doute il ne s’est dérobé que pour être rappelé plus ardemment,
retenu plus fortement … » (saint Bernard).
À travers cette privation de la Sainte Présence,
n’est-ce pas le Christ qui, en se dérobant, fait grandir notre désir de Lui,
pour enflammer ensuite nos communions routinières ?
Oui, en ce temps de privation, comme le jeûne attise la faim,
laissons le désir creuser en nous tout l’espace pour le Désiré.
Yvon Bilodeau, ptre.