Capsule no 11 de l’abbé Mario St-Pierre

Pour les adorateurs en confinement

Onzième capsule : « Cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ !

Ce message que nous avons entendu dans la 2e lecture de Paul aux Romains en ce 12e dimanche du temps ordinaire, nous éclaire sur ce que nous vivons actuellement en cette période de « déconfinement ». L’apôtre Paul rappelle à toute l’Église un message fondamental et essentiel. Il n’y a de salut que dans la mort et de la résurretion du Christ. Jésus est le seul et unique sauveur. Il n’y a pas d’autre médiateur. C’est pourquoi les paroles de l’apôtre sont si percutantes et claires. Saint Paul écrit : « En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. » (Rm 5, 15)

Il ne faut pas hésiter à le dire. La période de confinement a été pour plusieurs un événement traumatisant. Il s’agit bien d’une épreuve qui a des conséquences non seulement sur la vie sociale, politique et économique, mais aussi sur la vie ecclésiale. L’Église a été privée de son droit d’exprimer publiquement et librement sa foi. Bien sûr, il ne s’agit pas d’être irresponsable dans l’application des consignes sanitaires. Mais en cette période de déconfinement, il n’est pas difficile de constater une injustice imposée non seulement aux communautés chrétiennes mais aussi à d’autres groupes religieux. Je n’ai pas ici à expliquer en détails cette situation, vous pouvez faire vous-mêmes votre analyse. Le constat général est donc clair. L’Église vit une situation d’injustice. Comment devons-nous répondre à cette épreuve ?

Dans le contexte qui est le nôtre, nous devons redoubler d’ardeur dans la prière, la louange et l’adoration pour demander la « grâce du Christ », grâce sans laquelle il est difficile de tenir en temps d’épreuve. D’ailleurs, les textes liturgiques de ce dernier dimanche nous expriment les choses très clairement. Jérémie, le prophète le plus persécuté de la Bible, prie Dieu avec confiance : « Seigneur Dieu de l’univers… » (Jr 20, 10-13) Relisez bien ce passage biblique où on voit comment le prophète présente à Dieu ses persécuteurs.

Dans l’Évangile, Jésus nous dit aussi les choses très clairement : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » (Mt 10, 28) Seule la grâce du Christ nous permettra d’être fidèle en cette période d’épreuve, seule la grâce du Christ nous permettra de retrouver notre engagement à l’heure hebdomadaire d’adoration, pour que notre âme soit restaurée, guérie, libérée.
J’aime citer les phrases de deux saintes françaises qui ont été prononcées dans des moments de persécution et d’épreuve. Jeanne d’Arc a su répondre aux théologiens qui voulaient la condamner : « Jeanne, croyez-vous être en état de grâce ? — Si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre ; si j’y suis, Dieu veuille m’y tenir. » (Procès de Jeanne d’Arc, 24 février 1431. Et dans les semaines qui ont précédé sa mort, de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, alors qu’elle ne pouvait plus communier en raison de sa maladie, a su répondre à ses sœurs inquiètes : « Tout est grâce ».
En ce temps de déconfinement, demandons la grâce du Christ qui seule permettra la guérison de ce traumatisme communautaire, qui permettra la libération de nos peurs, qui donnera le courage de pardonner devant une injustice flagrante. Seule la grâce du Christ que nous contemplons et adorons au Très Saint Sacrement de l’eucharistie sera notre salut et notre joie.
Soyez comblés de la paix et de la grâce du Christ Jésus.

Père Mario St-Pierre, dé-confiné en Jésus…